La légende des Pédauques

En ces temps reculés, circulait parmi les habitants d'Arbas la croyance que la grotte de Pène-Blanque était le refuge d'une tribu d'êtres étranges qu'on appelait "les sauvages".

Il arrivait d'ailleurs que de la grotte s'élève une mystérieuse fumée. On disait alors : "Les sauvages font cuire leur pain".

Tout le monde s'amusait plus ou moins de cette croyance, jusqu'au jour où des charbonniers qui campaient dans la forêt firent une découverte qui les laissa bouche bée. On imagine leur stupéfaction, quand ils découvrirent dans un piège à ours une étrange petite créature, la peau noire comme le charbon, avec des pieds palmés, comme des pattes d'oies. La créature se débattait furieusement et mordit même le charbonnier qui tentait de l'approcher.

Quand ils l'eurent enfin maîtrisé, ils emmenèrent le Pédauque (pied d'oie) au village. Il fut décidé que le Pédauque serait emmené dés le lendemain à Saint Girons. Sa présence à la foire ne manquerait pas de faire sensation. Mais pour lors, il fallait l'enfermer pour la nuit et c'est non sans hésitation qu'un homme se dévoua pour le garder dans sa cave qu'il barricada soigneusement.

La nuit était tombée et chacun dormait, lorsqu'un bruissement à peine audible envahit les ruelles d'Arbas, convergeant impitoyablement vers la maison du captif.

La petite troupe s'immobilisa devant la maison. Un Pédauque s'avança et lança une pierre qui heurta un volet. Les autres Pédauques l'imitèrent et ce fut bientôt une pluie de pierres et de bâtons qui s'abattit sur la maison.

On entendait d'étranges cris, dans une langue inconnue, cris auxquels répondait le Pédauque prisonnier. Il ne fallut pas longtemps à l'homme pour comprendre qu'il était dans son intérêt de libérer au plus vite le captif.

Lorsque le Pédauque sortit, la petite troupe s'éloigna en jetant encore au passage quelques pierres sur les maisons, comme un dernier avertissement à quiconque viendrait encore s'en prendre à la liberté de l'un des leurs.